Coaching entre les points chez nos jeunes, pour ou contre ?

 

 

Depuis maintenant 2 ans, nous voyons apparaître des règlements particuliers à chaque région, sur l’interdiction de coacher les catégories jeunes entre les points.

Ce dispositif est aussi bien perturbant pour le coach que pour le joueur compte tenu du fait qu’il est différent sur chaque compétition et catégories.

Comment expliquer aux joueurs que sur certaines compétitions il a le droit à des conseils de la part de son coach et sur d’autres non, que s’il est sélectionné en collectif France ou équipe de France il en aura.

Est-ce vraiment dans l’intérêt des joueurs ?

Les arguments mis en avant par nos différentes instances sont d’ordre pédagogique et éducatif. Ils estiment à juste titre ou non, que :

 

  • Les joueurs progresseront plus vite s’ils sont livrés à eux-mêmes. Cela forcera les joueurs à trouver les solutions pour l’emporter.
  • Certains joueurs sont devenus les « marionnettes » de leur coach et n’arrivent pas à s’exprimer pleinement.

 

D’un point de vue éducatif, est-il mieux de laisser un enfant apprendre par lui-même ou est-il mieux de lui donner des pistes et conseils à explorer ? Est-ce que je donne juste une raquette à un débutant et lui dit « va jouer » ou, je lui explique comment tenir sa raquette, comment servir, comment frapper le volant…

Chaque enfant est-il suffisamment « autodidacte » pour s’en sortir tout seul lors d’un match ? J’ai tendance à émettre un doute lorsque je vois que la plupart n’arrive pas à suivre le cours du jeu (score), regarde les matchs des terrains aux alentours ou se laisse déborder par les émotions.

Mon avis est assez tranché sur la question. Je ne conçois pas qu’un règlement peut être différent d’une compétition à une autre qui plus est, sur un même territoire.

Néanmoins, il est vrai que certains entraineurs abusent du coaching entre les points, malheureusement au détriment de l’intérêt des jeunes joueurs.

Ne serait-il pas plus intéressant de former les entraîneurs sur le côté purement « coaching » plutôt que de poser des règlements pour contrer les diverses dérives de certains ?

A mon sens, le rôle de l’entraineur est d’apporter des conseils et corrections plus ou moins pointus selon les caractéristiques spécifiques de chacun de ses joueurs. En effet, chaque joueur est différent, tant sur le plan mental que sur le plan physique ou technique.

Notre rôle en tant qu’entraîneur est donc de s’adapter en personnalisant à la fois nos conseils et nos entrainements dans l’optique d’amener le joueur à son plein potentiel.

 

Le coaching entre les points à tout son intérêt chez les jeunes joueurs aussi bien sur le plan émotionnel que sportif.

Il est dommage de créer des règles qui desservent l’intérêt sportif des joueurs sans consulter les acteurs du quotidien.

Cette logique à vouloir interdire et poser des règles plutôt que de chercher des solutions en synergie avec l’ensemble des acteurs manque de cohérence et n’est pas dans l’intérêt du développement du badminton français.

 

C’était mon petit « coup de gueule » alors même que nous sommes en plein championnats de France Jeunes

A bientôt

Laurent

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6 Responses to Coaching entre les points chez nos jeunes, pour ou contre ?

  1. COIFFIER 26/05/2017 at 07:30 #

    Bonjour
    Tout à fait d’accord avec toi. En idf interdiction de coacher jusqu’à minimes et après autorisé. Le monde a l’envers. Plutôt que d’interdire on ferait mieux de former. Pratiquement aucune formation au coaching n’existe c’est anormal et je ne parle même pas de l’utilisation trop rare de la vidéo comme aide au joueur. Voilà une prochaine idée d’article
    Merci pour tes articles très bons et vive le Bad
    Guillaume un prof d’eps passionné

  2. Virgile 26/05/2017 at 07:44 #

    Salut Laurent !

    Je partage en tout point ta réflexion et tes arguments . Merci pour les articles que tu fais , ca m’apporte un bon support et une autre vision. Moi aussi j’étais au France a Dreux pour une de mes joueuse .

    Bon continuation

    Virgile

  3. MIGNOT 26/05/2017 at 08:02 #

    Bonjour,
    Entièrement d’accord avec ce coup de gueule.
    Certes, on doit amener le joueur vers une autonomie d’analyse, de tactique, de concentration, d’adaptabilité, mais personne n’est un « sur homme » et de nombreuses conditions peuvent venir perturber tout ce joli travail ( exemple à Dreux , dans la petite salle nous avions le Premier jour 34° et nous ne sommes pas encore aux jours les plus chauds annoncés) .
    Je pense donc que le coaching doit faire partie d’un match et que la réglementation doit être la même sur l’ensemble du territoire .
    Cordialement
    Richard

  4. Tristan 27/05/2017 at 06:47 #

    Bonjour,

    Tout d’abord il faut nuancé, votre point de vue est un peu trop fermé sur la question (je trouve). Livrer les joueurs à eux-même est une bonne idée en soi. Le coaching est très important mais il faut le limiter, dans certaines compétitions je vois le coach donner ses directives pendant bien 20 secondes à son joueur durant les points (ce qui est inadmissible).

    Néanmoins le coaching entre les points est indispensable pour plusieurs raisons:

    -Rassurer son joueur
    -Adapter son type de jeu au plus vite
    -Encourager
    -etc.

    Quand vous dîtes : « Il est dommage de créer des règles qui desservent l’intérêt sportif des joueurs sans consulter les acteurs du quotidien. »
    Ils ne vont pas à l’encontre non plus, ils essayent de trouver une solution pour arrêter d’avoir des pantins sur le terrain (ce qui se voit de plus en plus).
    Un enfant à besoin aussi de découvrir par lui-même et de se confronter aux situations seul pour bien comprendre la réaction à avoir aussi techniquement, mentalement ou encore physiquement. Il faut bien entendu l’accompagner dans tout ce processus.

    Et puis cela limiterait la différence de niveau entre les différents coachs, entre un coach qui coach depuis 10 ans et un parent qui est venu pour supporter son enfant (et qui ne connaît aucune règle du badminton) et qu’il voit un coach qui discute entre chaque point avec son jeune, il a de quoi être perdu et de voir de l’incompréhension.

    Mon avis est un peu flou pour vous sur la question car je nuance énormément, Je suis tout à fait d’accord avec vous sur ce point « former les coachs à « coacher » « . Et surtout limiter les interactions entre joueur et coach (si cela dépasse 5 secs de discussion le jeu ne pas être continu et il faut sanctionner autant le coach que le joueur), carton jaune/rouge pour coach ? :P.

    Coaching entre les points chez nos jeunes, pour ou contre ? : Pour mais avec des règles plus strictes.

  5. NGUYEN 27/05/2017 at 19:07 #

    Bonjour, d’accord avec ce coup de gueule mais il y a un règlement qu’il soit bon ou pas bon et donc
    pour le respect des autres coachs tu l’appliques sinon il y a conflit.
    Et je pense que le problème vient aussi des arbitres qui ne font pas respecter cette consigne et donc tous le monde s’en fout.

    Et le sujet des poussins qui se qualifient au France,
    ex : Rémy Taing qui arrive avec le titre de champion régional, et doit faire les qualifs car 0 points (alors qu’officieusement il a environ 55 points donc normalement tableau final)
    Mais au lieu de cela le poussin doit passer par les qualifs (2 matchs supplémentaires sans compter le double et mixte) donc le plus jeune des qualifiés
    doit faire plus de match pour arriver en haut du tableau LOL.
    Faudrait peut être réfléchir à la fédé et se dire qu’il faut remettre les points au moins pour les Frances afin qu’il puisse partir sur un pied d’égalité ?

    et bien d’autres sujets

  6. Mike 29/05/2017 at 10:42 #

    Pourquoi mettre les benjamins au France, c’est peut être une autre question ?

    Sont-ils prêt psychologiquement à vivre un tel évènement ? Quand on voit les équipes de ligue dans certains cas encourager tel ou tel joueur, bon courage pour celui qui est en face. Pression maximum…Quand on voit certains benjamins ressortir du terrain tête bien basse, on se demande si on les reverra l’an prochain ? Certains jeunes ce weekend vont devoir être ramassés à la petite cuillère psychologiquement. Sans compter pour certains la pressions des parents, des amis, des copains…Sont ils vraiment prêts à vivre une telle expérience ?

    Dans les années passées, certains jeunes même qui sont allés très loin lors de cette compétition, ont tout lâché à l’issu de ces France jeunes pour ne revenir au bad qu’en cadet ou Junior et chaque années on voit des exemples de ce type ou le jeune est très bon techniquement mais pas forcément prêt à affronter cette compétition des France, souvent pas assez mûr mentalement.

    Pourquoi pas les championnats de France avec les minimes, cadets, juniors et pourquoi pas un énorme stage en parallèle avec la détection des Minibad exceptionnels, des meilleurs poussins et benjamins avec une compétition et un maximum de match, un équivalent au championnat de France et un coaching comme sur le règlement à partir du moment ou on les coachs plusieurs fois dans la journée même si c’est entre les pause à 11 mais avec un maximum de match pour une progression. Mais là effectivement pour très peu de match avec l’élimination directe, c’est dur mentalement pour l’enfant.

    Et si le jeune est prêt, alors il pourra jouer au niveau supérieur !

    Voilà une autre voix qui pourrait déjà être dans les cartons de la fédé depuis quelques années et qui mériterait d^’être testé 😉

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