Préparation physique Badminton – Maxime Michel

La préparation physique pour le badminton

 

 PP Badminton

A ce jour, la préparation physique du joueur de badminton est cloisonnée et souvent réduite à son expression la plus primitive : « ce joueur ne se fatigue pas donc il est bon physiquement ». L’entraînement du joueur de badminton s’est malheureusement enlisé dans une culture de la fatigabilité et de la dureté. La souffrance à l’entraînement serait devenue un gage de performance en compétition…

Parfois encore, la préparation physique est mise de côté comme s’il était possible de le faire : « mon joueur n’est jamais fatigué donc il n’a pas besoin de préparation physique ». Cette stratégie d’évitement du problème est commode mais n’évacue en rien le besoin d’une préparation physique individualisée. Une analyse de bon sens devrait prendre en compte que le simple fait de se mettre en mouvement relève déjà d’une contraction musculaire, d’une dépense énergétique, d’une programmation motrice particulière, d’une activité posturale etc…Tout autant de questions dont le préparateur physique est le spécialiste. Donc faire des entraînements de badminton constitue déjà un acte en lien avec la préparation physique avec toutes les conséquences que cela implique qu’on le veuille ou non, qu’on y soit formé ou pas.

De fait, la préparation physique du joueur de badminton est souvent intégrée à sa pratique. D’ailleurs, beaucoup recherchent avec sagacité des exercices de préparation physique intégrés comme s’ils constituaient une sorte de graal. Or, la préparation physique ne doit surtout pas être toujours intégrée si elle veut être prophylactique et au service de la performance en badminton. Notre sport est très traumatisant. Il est plein de chocs et de freinages auxquels se rajoutent des incertitudes ainsi qu’une activité asymétrique. Vouloir intégrer au maximum la préparation physique revient à augmenter au maximum ces traumatismes. De plus, pour bien des qualités, celles-ci pourront être travaillées de manière bien plus qualitative si elles le sont de façon isolée et calibrée avec bienveillance. De même, les chocs et les freinages (la pliométrie et l’excentrique) induis par la pratique du badminton nécessitent des pré-requis qui, s’ils sont le fruit d’un travail sur le long terme hors du terrain, n’auront pas leur pareil pour édifier la performance et garantir l’intégrité physique.

Le rôle du préparateur physique dans l’entraînement du joueur de badminton

L’entraînement du joueur de badminton lorsqu’il vise une amélioration des performances dans le respect de l’intégrité physique ne peut se passer d’une analyse qualitative (rétrospective et prospective). Chaque contenu d’entraînement doit être choisi avec soin et servir un but précis dans l’édifice fragile de la performance. De quelle filière il retourne ? Quelles sont les conséquences sur l’entraînement suivant ? Quel a été le type et l’intensité des sollicitations structurelles de cet entraînement ? Autant de questions qui ne devraient à aucun prix rester sans réponse.

Dans le cas contraire, la chance est le mot d’ordre de la préparation physique et de l’entraînement du joueur de badminton. La chance (ou la malchance !) génétique, contextuelle, temporelle définit alors les blessures et les performances des joueurs de badminton.
Si l’on veut placer le joueur dans une logique de progression construite, il faut analyser en termes de sollicitation physique ce qui lui est proposé et en tenir compte dans sa planification. Or, qui est mieux placé que le préparateur physique spécialisé dans le badminton pour être à même de répondre à toutes ces exigences… ? Pour autant, cela ne veut pas dire que le préparateur physique doit prescrire les séances de l’entraîneur.

Le duo gagnant entraîneur-préparateur physique au service du joueur de badminton

Je vois plus le préparateur physique comme un observateur avisé, un conseiller bienveillant et un intervenant capable d’adapter ses actions en fonction de la vision de l’entraîneur et des particularités individuelles du joueur. Le rôle du préparateur physique dans l’entraînement du joueur de badminton pourrait donc se décliner en trois pôles d’action : analyser, moduler, intervenir.

  • Un observateur avisé : il devrait analyser sans cesse la vision de l’entraîneur, les contenus de l’entraînement, l’organisation à l’intérieur des séances et entre les séances en vue de les optimiser au maximum. Pour cela, il doit également analyser les caractéristiques individuelles de chaque joueur.
  • Un conseiller bienveillant : il devrait moduler l’ensemble des actions d’entraînement et les actualiser sans cesse ce qui ferait de lui le garant de l’efficacité optimale des méthodes d’entraînement et de leur agencement, ainsi que de l’intégrité physique des joueurs.
  • Un intervenant pertinent : il devrait intervenir particulièrement sur les échauffements, les contenus de préparation physique et la récupération, que ce soit à l’entraînement, hors entraînement ou en tournoi.

Bien sûr, la préparation physique ne fait pas tout. Certains stapsiens et/ou professeurs de sport, férus de modélisation de la performance me rappelleront que les dimensions psychologique, technique et tactique par exemple, sont aussi importantes, voir plus selon les visions, que la dimension physique. Là n’est pas la question. Qu’est-ce que la technico-tactique sans les moyens physiques de l’appliquer ? Et de la même manière, à quoi servirait un travail physique sans contextualisation et transfert vers le badminton ?

Dans les faits, il ne faudrait pas parler d’un duo mais plutôt d’un trio gagnant joueur-entraîneur-préparateur physique. Le préparateur physique est donc bien à mettre au service du joueur de badminton et de l’entraîneur. Il ne s’additionne pas seulement aux séances de l’entraîneur. Il les sublime en les analysant, en les complétant, en les boostant et en les bichonnant. Dans cette vision, il apporte bien une plus-value au système d’entraînement.

Et le rôle des « Dossier BAD » dans tout cela ?

Les Dossiers BAD visent à diffuser au plus grand nombre (par son accès libre et gratuit) des connaissances actualisées dans le monde du badminton sous la forme la plus digeste possible (articles courts). Ils n’ont pas vocation à prescrire des méthodes ou des situations d’entraînement. Autrement dit, le « comment faire » et le « quoi faire », en matière de préparation physique, ne peuvent être proposés que lors de formations d’entraîneurs ou d’interventions directes avec des joueurs. C’est ma conception du métier de préparateur physique, un intervenant avant tout. Dans le contexte actuel d’un badminton français dépourvu de préparateur physique, les Dossiers BAD pourraient modestement permettre aux acteurs de l’entraînement de parler une langue commune et d’adhérer aux mêmes principes de fonctionnement fondés afin de tendre vers la construction de l’édifice commun qu’est la recherche de performance.

 

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