Clubs VS structures fédérales

« Il n’existe pas qu’un chemin vers le haut niveau mais plusieurs, seul l’intérêt du joueur doit être considéré. »

 

Notre cher sport se développe de plus en plus sur notre territoire grâce au travail exceptionnel de l’ensemble des acteurs. Nous sommes aujourd’hui la deuxième fédération européenne en matière de licenciés dépassant de loin le Danemark. Malgré cela, nous peinons à exister sur la scène internationale chez les seniors. Quelles sont les raisons de cela ? Est-ce un problème d’investissement des joueurs ? De qualités intrinsèques des joueurs pour le badminton ? De formation / entraînements ? Ou bien de qualité de structure ?

Pour avoir été un pur produit de la structure fédérale, j’en connais parfaitement ses qualités et ses défauts.
De ma génération, les CREPS et L’INSEP faisaient rêver. Aujourd’hui la tendance semble s’être inversée. Les meilleurs joueurs ne souhaitent plus vouloir quitter leur structure d’entrainement « Club » pour la structure fédérale estimant que cela affectera soit leur niveau de jeu soit leur équilibre.

 

La structure fédérale tente d’attirer les joueurs à juste titre, avec les arguments suivants :

  1. La qualité d’entraînement (joueurs et entraineurs)

  2. L’opposition

  3. Le volume d’entraînement supérieur aux clubs

 

Néanmoins, 3 aspects essentiels doivent être abordés pour la performance du joueur autre que l’aspect purement sportif.

 

  1. L’entourage du joueur :

Nous avons tendance à oublier qu’un joueur a besoin de stabilité « mentale » pour performer or, quitter son habitat, ses repères, sa famille sont autant d’éléments à ne pas oublier pour le bien-être du joueur.

 

  1. L’aspect scolaire :

En France, la notion de double projet est obligatoire dans n’importe quelle structure de haut niveau jusqu’au Bac. Bien que cela soit logique, en structure, la majorité des joueurs ont tendance à manquer de sérieux sur le plan scolaire car cela demande une réelle autonomie et maturité que les joueurs / enfants n’ont pas encore acquis.

 

  1. Le coach :

Au badminton nous avons tendance à imposer l’entraineur aux joueurs. Or j’aime à penser que l’inverse serait plus pertinent pour l’évolution du joueur. La confiance joueur/entraineur est bien plus importante que l’aspect « compétence » de l’entraineur. Il est toujours plus simple de s’entrainer avec une personne en qui nous avons confiance. Celle-ci met des années à se construire et tant qu’elle perdure, pourquoi changer ?

C’est le constat des meilleurs judokas français qui, dernièrement, ont fait grève pour impliquer davantage leur coach de club dans leur performance.

 

Aujourd’hui, nous voyons certains clubs émerger avec une structuration et un projet fort autour de leurs joueurs ; Et les résultats sont impressionnants ! C’est le cas du club de Fos-sur-mer qui, avec Toma Popov en tant que coach, a su former ses deux enfants, Christo (Champion d’Europe U17 en double homme et ¼ de finale au championnat du monde juniors en simple homme à 15 ans) et Toma Junior Popov (triple champion d’Europe juniors) à des niveaux jamais atteints par des Français par le passé.

C’est également le cas du club du RedStar Mulhouse avec Arnaud Merkle, vice-champion d’Europe junior avec 2 ans de moins que son compatriote (Toma Junior).
Ces deux structures « privées » montrent une réelle expertise en matière de formation vers le haut niveau de par leurs résultats.

Le cas de Brice Leverdez est également à souligner, avec une émancipation du système depuis quelques années, a préféré maintenir sa confiance envers son coach, Bertrand Gallet, qui l’a amené à son meilleur niveau.

Il est donc tout à fait possible d’exister en tant qu’athlète de haut niveau sans entrer dans la structure fédérale.
Ne serait-il pas intéressant de prendre exemple sur la structuration de ces deux clubs dans le cadre d’un accès vers le haut niveau ?
Il me semble essentiel pour le badminton français de haut niveau que de plus en plus de structures
« privées » voient le jour.

Loin de moi l’idée de dénigrer le travail réalisé par les structures fédérales car certains joueurs internes obtiennent des résultats.
Je souligne simplement le fait que la structure n’est pas faite pour chacun et que selon sa personnalité et son style de jeu, le joueur y trouvera ses marques ou non.
Il me semble donc important de créer une concurrence forte entre structure « privée » et fédérale afin d’accompagner l’ensemble des « potentiels français » vers le haut niveau.
La finalité sera une remise en question permanente de la part des acteurs et sera plus que bénéfique pour nos joueurs.

Il n’existe pas qu’un chemin vers le haut niveau mais plusieurs, seul l’intérêt du joueur doit être considéré.
Il nous faut donc structurer nos différents clubs pour créer une concurrence forte et saine entre nos instances (fédération / ligues / Codeps / clubs) à l’image des sports professionnels.

La concurrence amène le dépassement de chacun, j’en suis convaincu. 

 

Bon vendredi

 

A+ les badistes

 

Laurent

,

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Recevez maintenant notre guide gratuit de badminton !