Vignette dossier Bad n26

Modéliser les performances : La clé pour mettre en œuvre ses convictions

Dans le monde sportif, la plupart des acteurs parlent de LA performance. Comme s’il n’en existait qu’une, bien définie. Comme si chaque sportif réalisait ou ne réalisait pas cette performance dont tout le monde parle mais que peu définissent. Plus rare encore sont ceux qui les dissocient. Certains pourraient se dire qu’il ne s’agit là que de sémantique. Ceux-ci devraient se demander s’ils établissent leurs principes d’entraînement, de planification et de recherche de ladite performance sur une analyse personnelle, claire et hiérarchisée. Qu’est-il en jeu dans cet article ? Ni plus ni moins que notre capacité à définir un chemin vers les performances qui nous correspondent. Avons-nous, en tant qu’entraîneur ou joueur une identité, des convictions et des connaissances cohérentes avec notre propre système de performance ? Et surtout, ne serions-nous pas meilleurs en évoluant dans un système qui nous correspondrait ?

Revenons à la notion de performances au pluriel. S’agit-il de la même performance que de gagner 1 match d’interclubs, 1 match d’Uber cup ou de gagner un tournoi français avec 6 matchs le samedi, ou encore un tournoi International Challenge avec 2 matchs par jour du vendredi (voire jeudi) au dimanche, ou encore un Super 750 avec 1 match par jour du mardi au dimanche… ? Jusque-là nous n’avons parlé que d’une performance relativement ponctuelle. Mais n’est-ce pas une performance que d’atteindre un certain classement après 1an de tournois ou toute une carrière ? Au-delà de cette liste non exhaustive de différents types de performance, François BIGREL parle de performance quel que soit le résultat. Chaque acte sportif est une performance « parfaite » dans le sens où elle a eu lieu, qu’elle ne peut être modifiée et que donc elle n’aurait pas pu être autrement. En revanche, il est possible d’en tirer des enseignements pour la prochaine occasion de performer davantage. Cette dernière approche est salvatrice dans le sens où elle permet de nettement relativiser les échecs…

Il y a donc des performances en badminton que nous devons cibler en fonction du niveau actuel et des niveaux recherchés à court, moyen et long terme. Une fois ces performances bien définies, il nous faut répondre à la question : comment les atteindre ? C’est là que chacun a ses convictions, ses connaissances et ses expériences. Mais bien souvent elles sont désorganisées dans notre esprit et donc dans notre pratique. L’idéal seraient qu’elles soient hiérarchisées en synergie, prêtes à orienter votre planification. C’est là que le travail de formalisation autour de la modélisation des performances prend tout son sens. Modéliser, c’est simplement schématiser vos convictions, vos connaissances et vos expériences en les hiérarchisant et en mettant en évidence les synergies entre chaque dimension et facteur de performance que vous aurez identifiés.

Classiquement, les dimensions retenues sont : tactique, technique, physique et mental. La mode actuelle est de mettre la tactique en évidence. Au-delà des réalités de terrain qui très rarement sont le reflet de cette importance prépondérante de la tactique dans les modèles… n’y a-t-il pas d’autres dimensions dont on parle sans arrêt mais sur lesquelles nous n’agissons pas. Tout du moins pas de manière significative, tout simplement parce que nous ne les mettons pas au cœur de nos préoccupations. Pour n’en citer que quelques-unes et à titre d’exemple : l’adaptation, la créativité, les points forts et appétences… Ces dimensions vous le comprenez sont plurifactorielles. Elles nécessitent non des dimensions comme dans les modélisations classiques de la performance mais des compétences technique, tactique, physique et mental. Pourquoi devrions-nous rester cloisonnés dans un découpage systémique réduisant notre vision globale et surtout complexe des performances ? Plutôt que d’aller nous attaquer au cœur des problèmes que rencontrent vraiment les joueurs sur le terrain, en compétition. Les joueurs y rencontrent-ils des problèmes avec l’armé précoce ? la reprise d’appui marquée ? Le relâché-serré ? Evidemment non. Ce ne sont que des outils parmi d’autres pour répondre à des mêmes problèmes, respectivement : fixer-varier, changer de direction, avoir un volant qui sort vite de la raquette. Sortons du dogme des observables et des fondamentaux. Etiquetés par qui et pourquoi ? Pour rassurer les entraîneurs vraisemblablement. L’important n’est-ce pas l’intention, la résolution de problèmes et donc l’émergence des réponses singulières des joueurs dont les entraîneurs ne sont que les guides.

Pour finir, comment parler de modéliser la performance sans parler du facteur chance. Pour être plus fidèle aux concepts émanant de la pensée complexe (mis en avant par E.Morin) il faudrait plutôt utiliser le terme d’aléas. En effet, aussi complet que votre modèle puisse être. Aussi pointue que soit votre planification. Aussi moderne que soit vos méthodes d’entraînement, il y aura toujours des paramètres imprévisibles et hors de contrôles. Pour plusieurs raisons qui ont toutes la même source : la complexité. Le facteur humain est complexe. Le badminton est un sport à habiletés ouvertes et donc d’une grande complexité. Pourquoi est-ce important d’en avoir conscience ? Tout d’abord pour garder les pieds sur terre et rester lucide sur la part de contrôle qui nous incombe. Ensuite pour mieux s’adapter. Avoir conscience des aléas permet de les identifier, de mieux les accepter lorsqu’ils surviennent et de s’y entraîner pour trouver des solutions originales. Ils doivent donc faire partis d’une modélisation de la performance.

A vous de jouer et n’hésitez pas à partager vos modèles de perf 👍

Maxime Michel

 

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