Dossier bad 26 : Modéliser les performances

Dossier bad 26 : Modéliser les performances

Vignette dossier Bad n26

Modéliser les performances : La clé pour mettre en œuvre ses convictions

Dans le monde sportif, la plupart des acteurs parlent de LA performance. Comme s’il n’en existait qu’une, bien définie. Comme si chaque sportif réalisait ou ne réalisait pas cette performance dont tout le monde parle mais que peu définissent. Plus rare encore sont ceux qui les dissocient. Certains pourraient se dire qu’il ne s’agit là que de sémantique. Ceux-ci devraient se demander s’ils établissent leurs principes d’entraînement, de planification et de recherche de ladite performance sur une analyse personnelle, claire et hiérarchisée. Qu’est-il en jeu dans cet article ? Ni plus ni moins que notre capacité à définir un chemin vers les performances qui nous correspondent. Avons-nous, en tant qu’entraîneur ou joueur une identité, des convictions et des connaissances cohérentes avec notre propre système de performance ? Et surtout, ne serions-nous pas meilleurs en évoluant dans un système qui nous correspondrait ?

Revenons à la notion de performances au pluriel. S’agit-il de la même performance que de gagner 1 match d’interclubs, 1 match d’Uber cup ou de gagner un tournoi français avec 6 matchs le samedi, ou encore un tournoi International Challenge avec 2 matchs par jour du vendredi (voire jeudi) au dimanche, ou encore un Super 750 avec 1 match par jour du mardi au dimanche… ? Jusque-là nous n’avons parlé que d’une performance relativement ponctuelle. Mais n’est-ce pas une performance que d’atteindre un certain classement après 1an de tournois ou toute une carrière ? Au-delà de cette liste non exhaustive de différents types de performance, François BIGREL parle de performance quel que soit le résultat. Chaque acte sportif est une performance « parfaite » dans le sens où elle a eu lieu, qu’elle ne peut être modifiée et que donc elle n’aurait pas pu être autrement. En revanche, il est possible d’en tirer des enseignements pour la prochaine occasion de performer davantage. Cette dernière approche est salvatrice dans le sens où elle permet de nettement relativiser les échecs…

Il y a donc des performances en badminton que nous devons cibler en fonction du niveau actuel et des niveaux recherchés à court, moyen et long terme. Une fois ces performances bien définies, il nous faut répondre à la question : comment les atteindre ? C’est là que chacun a ses convictions, ses connaissances et ses expériences. Mais bien souvent elles sont désorganisées dans notre esprit et donc dans notre pratique. L’idéal seraient qu’elles soient hiérarchisées en synergie, prêtes à orienter votre planification. C’est là que le travail de formalisation autour de la modélisation des performances prend tout son sens. Modéliser, c’est simplement schématiser vos convictions, vos connaissances et vos expériences en les hiérarchisant et en mettant en évidence les synergies entre chaque dimension et facteur de performance que vous aurez identifiés.

Classiquement, les dimensions retenues sont : tactique, technique, physique et mental. La mode actuelle est de mettre la tactique en évidence. Au-delà des réalités de terrain qui très rarement sont le reflet de cette importance prépondérante de la tactique dans les modèles… n’y a-t-il pas d’autres dimensions dont on parle sans arrêt mais sur lesquelles nous n’agissons pas. Tout du moins pas de manière significative, tout simplement parce que nous ne les mettons pas au cœur de nos préoccupations. Pour n’en citer que quelques-unes et à titre d’exemple : l’adaptation, la créativité, les points forts et appétences… Ces dimensions vous le comprenez sont plurifactorielles. Elles nécessitent non des dimensions comme dans les modélisations classiques de la performance mais des compétences technique, tactique, physique et mental. Pourquoi devrions-nous rester cloisonnés dans un découpage systémique réduisant notre vision globale et surtout complexe des performances ? Plutôt que d’aller nous attaquer au cœur des problèmes que rencontrent vraiment les joueurs sur le terrain, en compétition. Les joueurs y rencontrent-ils des problèmes avec l’armé précoce ? la reprise d’appui marquée ? Le relâché-serré ? Evidemment non. Ce ne sont que des outils parmi d’autres pour répondre à des mêmes problèmes, respectivement : fixer-varier, changer de direction, avoir un volant qui sort vite de la raquette. Sortons du dogme des observables et des fondamentaux. Etiquetés par qui et pourquoi ? Pour rassurer les entraîneurs vraisemblablement. L’important n’est-ce pas l’intention, la résolution de problèmes et donc l’émergence des réponses singulières des joueurs dont les entraîneurs ne sont que les guides.

Pour finir, comment parler de modéliser la performance sans parler du facteur chance. Pour être plus fidèle aux concepts émanant de la pensée complexe (mis en avant par E.Morin) il faudrait plutôt utiliser le terme d’aléas. En effet, aussi complet que votre modèle puisse être. Aussi pointue que soit votre planification. Aussi moderne que soit vos méthodes d’entraînement, il y aura toujours des paramètres imprévisibles et hors de contrôles. Pour plusieurs raisons qui ont toutes la même source : la complexité. Le facteur humain est complexe. Le badminton est un sport à habiletés ouvertes et donc d’une grande complexité. Pourquoi est-ce important d’en avoir conscience ? Tout d’abord pour garder les pieds sur terre et rester lucide sur la part de contrôle qui nous incombe. Ensuite pour mieux s’adapter. Avoir conscience des aléas permet de les identifier, de mieux les accepter lorsqu’ils surviennent et de s’y entraîner pour trouver des solutions originales. Ils doivent donc faire partis d’une modélisation de la performance.

A vous de jouer et n’hésitez pas à partager vos modèles de perf 👍

Maxime Michel

 

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Dossier Bad n°23

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PMA et badminton : une question de stratégie
Partie 1 

La PMA (Puissance Maximale Aérobie) désigne la production maximale de puissance (d’énergie) par unité de temps lorsque le système atteint sa consommation maximale d’oxygène (VO2max) et sa fréquence cardiaque maximale (FCmax).

Le badminton est un sport où, selon nous, il faut être le plus explosif possible et ce tout au long du match pour optimiser sa capacité de performance. Lors des efforts explosifs maximaux, la source d’énergie utilisée est la phosphocréatine (PCr). Or, les réserves intramusculaires de celle-ci sont très faibles. C’est pourquoi nous ne pouvons pas maintenir un effort maximal indéfiniment. Néanmoins, la PCr est resynthétisée via la filière aérobie (sous présence d’oxygène). Nous entrevoyons l’un des intérêts de développer sa PMA pour un joueur de badminton. En effet, cela lui permettra de reproduire des efforts explosifs maximaux durant toute la durée du match. D’autre part, la répétition d’efforts intenses entraîne une exploitation de plus en plus élevée des fonctions cardiopulmonaires. Le développement de la PMA pourra donc aussi permettre au joueur de maintenir une intensité de jeu élevé tout au long du match, écourter les temps de récupération et asphyxier son adversaire. Nous allons donc voir dans ce dossier les techniques de travail de la PMA en badminton qui sont employées actuellement, puis nous les comparerons aux dernières avancées scientifiques sur la question afin de dégager quelques principes pour travailler sa PMA efficacement.

La PMA dans l’air du temps

La PMA ou stamina pour les anglophones est un objectif de développement fort du badminton de haut-niveau français. Au pôle France de l’INSEP, les joueurs font au minimum 4 séances de type PMA (hors ou sur terrain) par semaine* (hormis les semaines de tournoi). Ce choix fort qui a été pris se traduit sur ce pôle ou ailleurs par des méthodes de travail. Celles-ci sont à notre connaissance quasi-essentiellement composées de HIT (High Intensity Interval Training) court (<45sec) ou allant jusqu’à 1min d’effort, avec des récupérations inter-répétitions égales ou inférieures aux temps d’effort (exemple avec effort/récupération : 30s/30s ou 30s/15s etc…). De plus, le nombre de répétitions et de séries est prescrit au préalable et non ajusté pour aller jusqu’à l’épuisement. Sur le terrain, ces séances de PMA se caractérisent aussi par du HIT court (travail en volant continu). Enfin, lors de séance de multi-volants la durée des répétitions est fixée par un nombre de volants et non par un temps d’effort (Cf : Dossier BAD n°8 : Le multi-volants et ses effets indésirables).

Quelques principes de fonctionnement

Les Dossiers BAD défendent tous les notions de stratégie d’entraînement élaborées en fonction d’objectifs clairement définis garant de la cohérence et de l’efficacité du système d’entraînement. Le travail de la PMA ne fait pas exception. Afin d’être le plus clair possible, nous allons dégager trois grands principes de fonctionnement pour élaborer une séance de HIT cohérente. Tout d’abord, afin de maximiser les adaptations induites par la séance, celle-ci devrait se poursuivre jusqu’à l’épuisement du joueur. En effet de récentes études montrent qu’il serait pertinent de ne pas fixer au préalable un nombre de séries et de répétitions. Bien sûr, aller jusqu’à l’épuisement lors d’une séance est un gage de qualité mais réclame aussi un délai de récupération inter-séances adapté. Ensuite, le deuxième marqueur de qualité et d’efficacité de la séance selon de récentes études serait le temps passé au-dessus de 90% de VO2max (zone rouge). Cela induit des adaptations pratiques évidentes dans la conduite de séances dédiées au développement de la PMA. Nous reviendrons sur ces techniques dans les formations FUZIONS. Enfin, de la combinaison des deux principes évoqués précédemment (l’épuisement et le temps dans la zone rouge) découle le calibrage des séances qui, hors terrain peut être facilité par des tests et sur terrain également pour du travail sans volant. Pour ce qui est du travail sur terrain en situation de jeu ou de multi-volants, le calibrage pourra se faire chemin faisant grâce à une quantification d’auto-correction et l’utilisation du ressenti du joueur via une échelle de BORG.

Conclusion

Le travail de la PMA est sans nul doute un axe fort de l’entraînement des joueurs de badminton de haut-niveau. A juste titre, et comme nous l’avons vu, il permet d’être explosif de manière répétée et de maintenir une intensité élevée durant tout le match. De plus, il est la méthode la plus efficace pour réduire sa masse grasse. Néanmoins, le HIT court, qui n’est qu’un moyen parmi d’autres de travailler la PMA, est très sollicitant au niveau musculo-squelettique et induit des tensions et une fatigue musculo-tendineuse importante. Des études récentes ont bien montré qu’une planification en bloc de ces séances (5-1-1-1) serait plus pertinente qu’une méthodologie « classique » (2-2-2-2). Gardons tout de même à l’esprit que ces études portaient sur un public expert en endurance et que le reste de leur séance était dédié à du travail long et de très faible intensité. Pourtant nous sommes encore loin, dans le badminton français de haut niveau, du modèle de l’entraînement polarisé des disciplines d’endurance dont on pourrait s’inspirer. Cependant, la tendance au plus haut-niveau du badminton français semble être la recherche d’une charge la plus intense et longue possible plutôt qu’à une véritable activité de planification de la charge de travail** ; la seule garante à la fois de l’intégrité physique des joueurs et de la performance optimisée.

Bon entraînement intelligent à tous !

Maxime Michel
DESJEPS Badminton
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Philippe Michel
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Dossier Bad n°24

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Finger power et badminton : OUI mais autrement…

Le monde de l’entraînement est imprégné de croyances et de pratiques culturelles. Les domaines de la récupération, de l’alimentation, du renforcement musculaire et du travail énergétique pour ne citer qu’eux sont fortement touchés par ce phénomène persistant. L’entraînement en badminton ne s’en démarque pas, loin s’en faut. Souvent, le problème va jusqu’à prendre sa source dans le vocabulaire employé. Comment être pertinent et cohérent si dès l’appellation de la méthode utilisée il y a une confusion ? Prenons ici l’exemple du finger power ou puissance des doigts. Le mot puissance est lié entre autre, à une intensité de travail qui n’est presque jamais celle que l’on retrouve dans les pratiques d’entraînement. De plus, ces pratiques s’intéressent en réalité autant aux doigts qu’à la main bien que la différenciation et la spécificité de fonctionnement de ces deux zones soient délaissées. Nous allons donc tâcher de remettre un peu d’ordre pour d’une part y voir un peu plus clair et d’autre part afin de proposer des perspectives de travail cohérentes.

 

Finger power, finger speed, finger strength, finger endurance ?

Tout d’abord, il nous faut comprendre les besoins du joueur de badminton au niveau de la main et des doigts. Le joueur de badminton utilise sa main et ses doigts de manière explosive et il doit reproduire cette explosivité tout au long du match. Nous savons que cette explosivité répétée induit une fatigue significative aussi bien pour la main que pour les doigts car la force de pression isométrique de ces deux zones diminue après un test spécifique (Phomsoupha, 2016). Nous savons également que le travail exclusif de l’explosivité provoque l’atteinte d’un pallier dans la progression de cette qualité. De plus, le travail d’endurance est un élément intéressant à mettre en œuvre pour améliorer la puissance de la main et des doigts mais il n’est pas selon nous la clé pour engendrer une progression significative et durable. Or dans les pratiques actuelles, la main et les doigts sont travaillés énormément en endurance et en explosivité. On peut parler d’une focalisation du travail sur la qualité d’endurance de vitesse ou endurance d’explosivité. Soit dit en passant, la main et les doigts ne sont pas les seules zones à être travaillées de cette manière dans les pratiques actuelles. Le niveau d’expertise dans la pratique du renforcement musculaire des meilleurs joueurs français relève de l’amateurisme quand ceux-ci devraient avoir été amenés tout au long de leur parcours et surtout en bout de chaîne à remplir un carnet de performances impressionnant et plein…

 

De nouvelles perspectives…

Partons du postulat suivant, la main et les doigts du joueur de badminton doivent être les plus explosifs possibles. Pour améliorer l’explosivité d’une zone qui est sans cesse travaillée en explosivité par la pratique du badminton, il nous faut augmenter sa réserve de force. Deux raisons nous poussent à faire cette préconisation :

  • La réserve de force permettra d’augmenter le potentiel de vitesse en rééquilibrant la balance Force-Vitesse d’une dominance de la valence Vitesse vers un ratio optimal entre Force et Vitesse.
  • Plus la réserve de force, c’est-à-dire la différence entre la force maximale et la force déployée lors d’un match de badminton par la main et les doigts (% très faible de Fmax), est importante, plus la capacité à reproduire l’effort le sera également.
  • LES forces doivent être ciblées et développées : Fmax iso, F(d), F(e), F(a) (voir formation à venir).

Autrement dit, un travail de la main et des doigts axé vers un développement de la Fmax permettra non seulement de développer l’explosivité mais aussi l’endurance de ces zones.

Or pour développer la Fmax de la main et des doigts, il faut utiliser des méthodes, exercices et charges qui ne permettront de faire qu’1 à 5 répétitions pour des experts, 6 à 10 pour des débutants… Par exemple sur un bloc de 5*5 répétitions, il doit être impossible de faire 1 seule répétition de plus. Admettons que ce type de travail, qui plus est au niveau de la main et des doigts, n’est (presque) jamais employé dans la sphère du badminton.

Mettons donc tout de suite de côté la raquette lourde qui, si elle a son intérêt, ne développe la force de la main et des doigts que de manière très limitée. En effet, il parait difficile d’imaginer une raquette si lourde que l’on ne pourrait la mobiliser que sur cinq répétitions !!

En revanche, le diamètre de la plupart des barres et haltères de musculation est assez proche de celui du manche d’une raquette de badminton, rendant leur utilisation particulièrement spécifique pour notre sport. Par exemple, le soulevé de terre  en pronation large demandant un effort maximum au niveau de la prise va entraîner inévitablement (souvent à la surprise du débutant) l’ouverture de la main, c’est-à-dire l’échec neuromusculaire. Cet exemple illustre à quel point nous aurions intérêt à nous approprier des exercices issus de l’haltérophilie, de la force athlétique et du bodybuilding.

 

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Dossier Bad n°22

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Posturologie et badminton : une réponse à vos blessures ?

La réathlétisation et la prophylaxie (prévention de futures blessures et des récidives), sont des sujets très en vogue actuellement dans les domaines de l’entraînement, de la préparation physique et de la kinésithérapie du sport. Si ces sujets étaient mieux pris en compte il y aurait sans doute moins de blessures chez les joueurs de badminton français de très haut-niveau. L’analyse des particularités posturales individuelles est un domaine parmi d’autres à investiguer pour être dans une démarche prophylactique. Cela peut permettre à la fois de prévenir des blessures mais aussi d’améliorer la performance grâce à un travail non interrompu par des blessures, ainsi que par l’intermédiaire de la reprogrammation motrice puisque l’être humain (et donc le sportif) n’est pas immuable. En effet plus de 80% des gènes sont modifiables en fonction de notre environnement social, environnemental, culturel, humain etc… Cette connaissance de la malléabilité (sans occulter les caractéristiques individuelles de chacun) nous fait réfléchir sur les méthodes d’analyse un peu trop définitives et pré-compartimentées qui induisent des exercices correctifs pré-définis. Nous analyserons un exemple de problèmes posturaux chez le joueur de badminton puis quelques moyens d’y remédier.

Et si vos blessures venaient de votre épaule ?

Rares sont les joueurs de badminton qui n’ont jamais eu mal dans le bas du dos et/ou à l’épaule à l’issu d’un tournoi bien chargé. Et si ces deux problèmes étaient liés ? En effet, comme nous l’avons déjà évoqué dans le Dossier BAD n°3 « Pompes et badminton : arrêtez le massacre », la frappe main haute en badminton entraîne une rotation interne (rotation médiale) et une bascule avant de l’épaule. Si rien n’est mis en place pour lutter contre cette source de déséquilibre, le sous-scapulaire (pour la rotation médiale), les trois grands pour la rotation médiale et l’adduction (grand rond, grand pectoral et grand dorsal), accessoirement le coraco-brachial pour la rotation médiale, le deltoïde antérieur et le biceps brachial pour l’adduction vont prendre l’ascendant sur leurs antagonistes (muscles opposant des forces contraires) moins nombreux et naturellement plus faibles. Ce déséquilibre peut entraîner une hypercyphose thoracique, elle-même accentuant la lordose lombaire ce qui peut créer des tensions dans les muscles érecteurs du rachis par exemple. Des muscles érecteurs du rachis tendus peuvent prendre le dessus sur les fléchisseurs de la hanche tel que les abdominaux par exemple qui se relâcheront. N’avez-vous pas le ventre totalement relâché, gonflé lorsque vous êtes assis ? Ainsi que le dos complètement vouté ?

Un grand dorsal fort et souple

Si les analyses posturales ont permis de faire les déductions que nous avons décrites ci-dessus et qu’elles ont également révélé une hypo-mobilité de l’omoplate lorsque les bras sont levés, cela peut venir d’une hypo-extensibilité du grand dorsal. En effet, celui-ci s’attache sur l’angle inférieur de l’omoplate limitant ainsi sa mobilité. De plus, le grand dorsal se rattache également à l’intérieur de l’humérus. S’il est hypo-extensible, celui-ci va attirer l’humérus en rotation médiale perturbant ainsi le rythme de l’articulation scapulo-humérale. Un travail axé sur l’augmentation de l’extensibilité du grand dorsal tout en améliorant son rapport raideur-compliance et sa force permettront d’améliorer à la fois l’efficacité des mouvements et de réduire le risque de blessures localement et en périphérie. Considérons tout de même que l’analyse posturale rigoureuse est prépondérante puisque le grand dorsal peut être la cause comme dans le cas que nous avons traité mais aussi l’une des conséquences. En effet, le problème peut aussi venir par exemple, d’une raideur du psoas combinée à une faiblesse du grand fessier (souvent liées à une position assise fréquente et mal gérée : les écoliers/étudiants). En définitive, le travail de prévention des blessures à l’épaule (ou provenant de l’épaule) ne se limite pas aux tirages (parfois néfastes) et aux rotations externes de l’épaule (trop souvent pratiquées en dynamiques et dans des angles traumatisants).

Conclusion

Nous avons vu que l’analyse posturale est un moyen parmi d’autres de déduire des faiblesses et des causes de blessures antérieures ou futures. Ce type d’analyse est relativement facile d’accès, peu coûteuse en temps et en énergie pour un entraîneur formé sur ce sujet (formation continue) ou collaborant avec un préparateur physique. Elle permet de cartographier les problèmes individuels et de mettre en place un protocole d’exercices correctifs. Ces corrections pourront s’opérer de manières différentes pour guider les échauffements, les retours au calme, des séances dédiées de manière individualisée et peuvent aussi permettre de donner une trame aux joueurs dans la gestion de leurs « temps perdus ». Néanmoins, si cette méthodologie est pratique, elle n’est pas suffisante pour des structures de très haut-niveau. Celles-ci pourraient la combiner à l’analyse de l’histoire traumatologique, la mise en place de protocole de tests de préparation physique complétés par un protocole de tests de kinésithérapie complémentaires. Ainsi, il ne s’agirait plus que de déduire mais aussi d’en augmenter la fiabilité. Enfin, il convient de replacer tout ceci dans un contexte global et de se rappeler que la première prophylaxie réside dans la planification et la maîtrise de la charge d’entraînement.

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Dossier Bad n°21

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Quelques questions autour de la planification en badminton
Créer du lien entre les dimensions de la performance

Planifier est un acte complexe. Planifier, est sans doute la première étape pour concevoir des entraînements intelligents. Cela traduit à la fois la capacité à anticiper mais aussi à élaborer une stratégie basée sur des connaissances dans le domaine de la planification. Les connaissances en matière de planification de la dimension physique avancent à grands pas. Néanmoins, l’un des paramètres complexes réside dans la cohérence et la synergie de la planification des différentes dimensions de la performance. Faut-il concevoir la planification en blocs où l’on dissocie le travail physique du travail tactique, technique et mental ? Est-il possible de construire une planification cohérente en abordant chacune des dimensions de manière synergique ? Nous allons voir dans ce Dossier BAD qu’accepter la complexité de l’acte de planification c’est aborder avec lucidité les problèmes qui y sont liés pour humblement entrevoir des solutions chemin faisant. Bien sûr, ce Dossier BAD ne peut traiter l’ensemble des problématiques liées à la planification. Deux précédents Dossiers BAD ont traité de la planification et de la programmation (Dossier BAD n°10 Programmer une séance de badminton ; Dossier BAD n°11 Planifier pour le badminton : construire le chemin de la performance)

 

Est-il viable de « planifier » de manière dissociée le travail des différentes dimensions de la performance ?

Pour que tout le monde s’imprègne de notre démarche, il s’agit ici de se demander s’il est pertinent de planifier par exemple un premier cycle de développement des qualités tactico-techniques puis un deuxième cycle de développement des qualités physiques. Cet exemple ne relève pas du hasard ou de l’imagination mais a bien été formulé et mis en pratique. Le premier cycle devait durer 2 à 3 ans environ selon l’atteinte de critères de réussite puis seulement ensuite, la dimension physique aurait été abordée de manière à être développée. Cette méthode n’a pas pu être menée à son terme ce qui nous aurait permis d’en évaluer son efficacité. Bien que selon nous, même si elle peut donner certains résultats (de la même manière que sans planifier, il est possible de progresser), celle-ci comporte plusieurs incohérences. Tout d’abord, lors du premier cycle consacré au développement des qualités tactico-techniques, il est impossible de ne pas aussi aborder la dimension physique. Qu’on le veuille ou non, le joueur va mobiliser sa coordination motrice, sa statique, son gainage et ses filières énergétiques même lors des situations les plus passives. Ne mobilise-t-on pas nos muscles posturaux lorsque nous regardons avec passion un match de badminton ? Ensuite, il nous semble logique qu’opérer une telle rupture entre le travail physique et le travail tactico-technique ou même mental ne correspond pas à la complexité de la tâche que représentent un match, un tournoi, une saison et une carrière de joueur de badminton. L’intention large en badminton est de remporter deux sets de 21 points pour gagner un match. Cette simple intention oblige le joueur à mobiliser les différentes dimensions de la performance de manière synergique et cela doit être pris en compte aussi bien dans l’entraînement que dans la planification.

Comment associer les différentes dimensions de la performance dans la planification en badminton ?

Les connaissances physiologiques et biomécaniques sont des atouts indispensables pour entrevoir des réponses logiques et cohérentes à cette question qui est selon nous, LA question à se poser pour concevoir des entraînements non seulement intelligents mais surtout efficaces. Gardons en tête que l’entraînement intelligent est la seule solution viable et légale pour rivaliser avec les asiatiques. Afin de pouvoir associer le travail des différentes dimensions de la performance dans la planification, il faut tenter de regrouper les axes de travail compatible entres eux. Par exemple, dans une même séance, vous ne pouvez pas décemment tenter de développer la capacité aérobie et la fixation en attaque de fond de court. En effet, le travail de fixation en attaque de fond de court nécessite des changements de rythme au niveau des déplacements pour être le mieux placé possible ce qui aura un coût énergétique important et ne pourra être maintenu sur un effort continu de longue durée comme le nécessite un travail de capacité aérobie. Par ce simple exemple, nous entrevoyons la complexité de l’acte de planification qui nécessite de prendre en compte nombre de paramètres. De plus, il nous faut garder à l’esprit que l’intention large dont nous parlions plus haut doit être la plus présente possible lors des séances. Mais comment imbriquer un développement de la capacité aérobie, de la capacité à s’adapter à des problèmes tactico-techniques et mentaux ?

Voici un exemple de solution :

La logique veut qu’un travail de capacité aérobie s’accorde avec des efforts relativement continus et longs. Sur le terrain de badminton, cela se traduit donc par peu d’incertitude pour éviter les changements de rythme, un terrain réduit pour éviter les grands déplacements et la suppression/limitation des frappes coûteuses en énergie. Imaginons que nous sommes en début de saison avec un groupe de joueur ayant des difficultés à gérer leurs émotions face à l’adversité et avec un profil d’attaquant « fou ». Il est alors possible de se fixer les objectifs suivants pendant le premier cycle de saison :

Bien sûr, il s’agit là d’un exemple parmi tant d’autres. Le choix des dimensions, de leurs appellations et de leurs imbrications peut évidemment varier selon les approches, conceptions et opinions de chacun. Néanmoins, ce genre de réflexion doit être opéré pour chaque séquence, de chaque séance de chaque cycle, de chaque planification afin de garantir cohérence et synergie dans l’entraînement et la recherche de performance dans le respect de l’intégrité physique. Rappelons également que ce Dossier BAD ne traite qu’une problématique parmi tant d’autres concernant la planification en badminton. Deux Dossiers Bad cités ci-dessus ont déjà traité d’autres aspects et de prochains articles viendront étoffer ce travail.

Bon entraînement intelligent !

 

Maxime Michel
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